Journée d’étude organisée par la Chabiba ittihadia et le Groupe socialiste à la Chambre des représentants

Journée d’étude organisée par la Chabiba ittihadia et le Groupe socialiste à la Chambre des représentants
Le président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des représentants, Abderrahim Chahid, a affirmé que la jeunesse marocaine doit retrouver sa place à l’avant-garde de la lutte démocratique du pays et sa position appropriée dans la prise de décisions politique, économique et sociale.

S’exprimant lors de l’ouverture de la journée d’étude organisée mercredi dernier par la Chabiba ittihadia en partenariat avec le Groupe socialiste à la Chambre des représentants sous le thème : « La jeunesse au cœur des défis démocratiques et de développement », Abderrahim Chahid a critiqué le fait que le Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, organe stipulé par la Constitution de 2011, n’a pas vu le jour, considérant que cela constitue une preuve tangible de l’absence de volonté politique pour permettre aux jeunes d’occuper la place qu’ils méritent dans la société.

Le  président du Groupe socialiste a fait savoir que la jeunesse marocaine a joué un rôle essentiel dans l’indépendance du Maroc, puis dans le processus d’édification démocratique et de développement du pays.

Il a indiqué que le gouvernement doit mettre en œuvre des politiques publiques répondant à la réalité, aux enjeux, aux besoins, aux ambitions et aux aspirations de la jeunesse marocaine, soulignant que lesdites politiques doivent être fondées sur une vision stratégique claire définissant les buts, les objectifs, les outils, les mécanismes ainsi que les moyens matériels et humains pour leur mise en œuvre.
Abderrahim Chahid a également tiré la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante que vit aujourd’hui la jeunesse marocaine, notant que cette catégorie sociale est frappée de plein fouet par le chômage.

Fadi Wakili Assraoui, secrétaire général de la Chabiba ittihadia, a, pour sa part souligné que cette journée d’étude, modérée par la parlementaire Atika Jabrou, s’inscrit dans un contexte national marqué par les acquis diplomatiques réalisés par le Maroc sous la direction de S.M le Roi Mohammed VI, en ce qui concerne la cause nationale, ainsi que dans un contexte international marqué notamment par la guerre menée par Israël contre le peuple palestinien à Gaza.

Il a critiqué le bilan de mi-mandat du gouvernement qui laisse à désirer  surtout en ce qui concerne les questions se rapportant à la jeunesse marocaine qui, selon lui, est confrontée à un ensemble de défis l’empêchant de réaliser son plein potentiel et de contribuer efficacement au développement sociétal.

D’après lui, le principal défi pour les jeunes Marocains est le taux de chômage élevé atteignant le chiffre record de 13,7%, ce qui accroît leurs sentiments de frustration et de désespoir. « 13,7% est un chiffre effrayant. Le pire, c’est que le gouvernement n’a aucune vision claire pour remédier à cette situation », a martelé Fadi Wakili Assraoui. Et d’ajouter : « Le chômage et le désespoir sont causés par des promesses électorales de créer un million de postes d’emploi. Non seulement le gouvernement n’a pas tenu ses promesses, mais 435.000 postes d’emploi ont aussi été détruits ».

A propos du programme « Awrach et Forsa », le Secrétaire général de la Chabiba ittihadia a indiqué que « nous sommes devant une boule de neige qui menace la paix sociale en raison de l’absence d’une vision stratégique et de la mise à l’écart des partenaires en matière de décisions ».

Fadi Wakili Assraoui n’a pas manqué dans son intervention de faire part de l’exclusion sociale et politique de la jeunesse, suggérant par là même la participation efficiente de cette catégorie de la société en vue de la réalisation d’un développement durable.

Wakili Assraoui a appelé à « l’intégration des jeunes Marocains au cœur des défis démocratiques et de développement, ce qui nécessite des efforts intégrés du gouvernement, de la société civile, du secteur privé et des partis politiques, en répondant aux besoins fondamentaux des jeunes et en renforçant leur participation active à la prise de décision. Ainsi, on peut réaliser un développement durable et construire un avenir plus radieux et démocratique pour le Maroc ».

Il a affirmé que le « Parlement, à travers ses législations et son rôle de contrôle et de communication, joue un rôle central dans la réalisation de ces objectifs, et que les jeunes Marocains aspirent à des rencontres fructueuses qui contribuent à la réalisation leurs ambitions ».

Lors de la deuxième session de cette journée d’étude, où le Groupe socialiste-Opposition ittihadie, a veillé à inclure les jeunes dans le débat public sur les questions, les ambitions et les aspirations des jeunes, dirigée par Samia Laassab, membre du bureau national de la J-USFP, plusieurs experts, chercheurs et acteurs dans le domaine de la jeunesse et du travail associatif ont pris la parole.

Le député El Hassan Lachguar a donné un aperçu sur la proposition de loi-cadre pour la jeunesse. Il a indiqué que « l’organisation de cette journée d’étude vient du fait que le parti a été créé par des jeunes Marocains qui ont contribué à l’indépendance du pays et lutté pour les libertés, l’égalité et les droits des citoyens ». Il a rappelé que « l’USFP dispose de la plus ancienne jeunesse marocaine, fondée en 1975, notant que le parti accorde une grande importance aux préoccupations et aux problèmes des jeunes ».

El Hassan Lachguar a ajouté que « sous ce gouvernement, les jeunes sont la catégorie la plus touchée et qu’il est évident qu’il n’existe jusqu’à présent aucune politique intégrée et cohérente les concernant. Il y a une confusion dans le secteur de l’éducation et de la formation, en particulier dans l’enseignement supérieur, avec des programmes variés sans qu’on sache ce qui se passe dans ces secteurs ni comment on veut que soient nos universités, si elles seront régionales ou sous forme de pôles, et si les pôles universitaires signifient le secteur privé ou public, ou les deux ». 

Et de poursuivre qu’: «Il en va de même dans le domaine de l’investissement. Il y avait des programmes décevants, malheureusement, destinés aux jeunes, comme le programme Forsa. Nous connaissons les tragédies que vivent les jeunes aujourd’hui avec ces programmes, et nous continuerons de les découvrir dans différents domaines. Il est à rappeler que ces programmes sont aujourd’hui, malheureusement, sous ce gouvernement, voués à l’échec ». Et de tonner qu’ «aujourd’hui, le taux de chômage au Maroc est d’environ 14%, et ce chiffre est double pour les jeunes. Aujourd’hui, la pauvreté au Maroc a augmenté de plus de 1,2 point, et ce chiffre est double pour les jeunes marocains ».

Le député parlementaire a affirmé que le Groupe socialiste-Opposition ittihadie considère que «le pays a besoin d’une loi-cadre pour la jeunesse, qui obligerait ce gouvernement et les gouvernements futurs à élaborer et financer leurs politiques envers les jeunes». «Il est nécessaire qu’il y ait un minimum de convergence entre ces politiques et que nous ayons des mécanismes pour évaluer les impacts des politiques publiques en général sur cette catégorie (les jeunes marocains), non pas parce que nous voulons lui accorder une faveur, mais parce qu’il n’y a pas de progrès ni de développement sans une jeunesse consciente, formée et fortement intégrée dans le développement. Au contraire, la jeunesse peut être le moteur de tout changement à travers les âges et l’histoire», a-t-il souligné.

De son côté, la professeure d’économie et de gestion à l’Université Ibn Tofail de Kénitra, Fatima Zahra Soussi Aloui, a présenté une intervention sur «Les jeunes et l’intelligence artificielle». Elle a notamment  déclaré que «les jeunes représentent une large et diverse tranche de la société, qui doit être prise en considération car elle constitue une base essentielle pour le développement du Maroc».

Elle a également expliqué que «la technologie est l’une des solutions innovantes pour le leadership, et il est impossible d’imaginer une société en développement durable sans suivre la technologie et sans permettre aux jeunes d’accéder à celle-ci». «Certains la perçoivent de manière négative, pensant qu’elle peut avoir un impact négatif sur les jeunes, mais en tant que chercheuse, avant d’être responsable ou professeure à l’université, je peux confirmer que les jeunes ont besoin de la technologie pour ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’entrepreneuriat et d’innovation, et pour moderniser la société», a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Saïd El Azzouzi, président de l’Association Chouala pour l’éducation et la culture, a abordé le sujet des «politiques publiques destinées aux jeunes», en retraçant l’évolution historique de la jeunesse marocaine et les rôles pionniers qu’elle a joués dans le mouvement national avant l’indépendance, ainsi que dans la construction démocratique et le développement local.

El Azzouzi a rappelé l’histoire de la lutte brillante des jeunes, mentionnant que «des jeunes Marocains avaient signé le document de revendication de l’indépendance du Maroc et joué un rôle dans la construction de la Route de l’Unité sous la direction du martyr Mehdi Ben Barka». «Ce projet symbolique a montré très tôt la capacité et la force de la jeunesse marocaine à relever les défis et à construire la nation, avec le slogan de l’époque « Nous construisons les routes et la route nous construit »», a-t-il rappelé.

La troisième intervention, celle d’Ahmed Razki, directeur exécutif de l’Association des Jeunes pour la jeunesse, a présenté des données et des chiffres sur la réalité vécue par les jeunes Marocains, à travers le livre « Le dilemme de la jeunesse au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».

Il a estimé qu’il existe aujourd’hui une rupture entre les jeunes et les institutions, nécessitant une véritable volonté politique pour explorer les différentes façons de la combler. «Il faut également mettre en place des mécanismes réels entre les institutions et les jeunes, sans oublier de rétablir la confiance entre les institutions, les jeunes et les partis politiques», a-t-il conclu.

Ces interventions ont été suivies d’un débat sérieux et approfondi animé par une trentaine d’intervenants, dont des spécialistes, des chercheurs et des acteurs associatifs, dans les domaines liés aux questions de la jeunesse. Le but étant d’enrichir la discussion sur les politiques publiques destinées à la jeunesse et sur les problèmes, les attentes et les aspirations des jeunes Marocains.

H.T