Le Hamas fait une concession en vue d'un cessez-le-feu au dixième mois de guerre

Le Hamas a dit dimanche accepter de négocier sur la libération des otages toujours retenus dans la bande de Gaza en l’absence d’un cessez-le feu permanent avec Israël, les efforts de médiation redoublant pour obtenir un accord au dixième mois de la guerre.
Depuis plusieurs mois, le Qatar, les Etats-Unis et l’Egypte, pays médiateurs entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, se heurtent aux exigences des deux camps.

Selon les Nations unies, 80% des 2,4 millions de Gazaouis du territoire assiégé où les conditions sont jugées « désastreuses », est déplacée

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu’à la destruction du Hamas et la libération de tous les otages emmenés dans la bande de Gaza lors de l’attaque sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien qui a déclenché la guerre le 7 octobre.

Le Hamas, lui, exigeait avant tout accord un cessez-le-feu définitif et un retrait israélien du territoire palestinien. Mais dimanche, un haut responsable du mouvement a annoncé à l’AFP que ce premier « point a été surmonté ».
Les médiateurs se sont « engagés sur le fait que, tant que les négociations sont en cours », un « cessez-le-feu resterait en vigueur », a-t-il expliqué.

Le bureau de M. Netanyahu a affirmé que des émissaires israéliens retourneraient dans les prochains jours à Doha pour des pourparlers, et des discussions avec des médiateurs américains se tiennent également en Egypte, selon le média égyptien Al-Qahera News.

Pendant ce temps, les combats et bombardements se poursuivent sans répit dans la bande de Gaza et la guerre menace de prendre une dimension régionale avec de nouveaux échanges de tirs dimanche entre l’armée israélienne et le puissant mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié du Hamas, à la frontière nord d’Israël avec le Liban.

L’attaque du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 42 sont mortes, selon l’armée israélienne.

Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007. Son armée a alors lancé une offensive d’envergure qui a dévasté le territoire palestinien et fait 38.153 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

Dimanche, le Croissant-Rouge palestinien a fait état de six personnes tuées dans leur maison à Zawaida (centre) et neuf autres Palestiniens ont été tués dans des frappes sur des bâtiments dans la ville de Gaza (nord), selon la Défense civile de Gaza.

Après neuf mois de guerre, les troupes israéliennes bataillent toujours dans plusieurs zones que l’armée avait dit auparavant contrôler, comme à Choujaïya, un quartier est de la ville de Gaza.

Toujours à Gaza-ville, l’armée israélienne a émis dimanche de nouveaux ordres d’évacuation, qui concernent les habitants et déplacés de trois quartiers, les appelant à partir vers l’ouest près de la côte.

Le Hamas a affirmé dimanche soir que quatre personnes avaient été tuées dans une frappe israélienne sur une école de Gaza-ville abritant des déplacés, au lendemain de l’annonce de la mort de 16 personnes tuées dans un raid aérien israélien sur une école gérée par l’ONU dans le centre du territoire.

Selon les Nations unies, 80% des 2,4 millions de Gazaouis du territoire assiégé où les conditions sont jugées « désastreuses », est déplacée.
Les médiateurs n’ont jusque-là réussi à arracher qu’une seule trêve fin novembre, qui a permis la libération de 80 otages en échange de celle de 240 Palestiniens détenus par Israël.

D’après le haut responsable du Hamas dimanche, son mouvement a informé les médiateurs qu’il souhaitait voir se réaliser trois étapes pour obtenir un cessez-le-feu, dont l’entrée dans Gaza de 400 camions d’aide par jour et le retrait de l’armée israélienne du « couloir de Philadelphie et du point de passage de Rafah », qui se trouvent entre le sud de Gaza et l’Egypte.

« La balle est dans le camp des Israéliens », a déclaré cette source, estimant que les discussions pourraient prendre « de deux à trois semaines », « si tant est qu’Israël ne bloque pas les négociations ».

Dimanche soir, le bureau de Benjamin Netanyahu a réagi affirmant que « tout accord permettra à Israël de revenir et de se battre jusqu’à ce que tous les objectifs de la guerre soient atteints ».

Pour réclamer du gouvernement israélien qu’il accepte un accord permettant de libérer les otages, des manifestants ont bloqué dimanche des routes de Tel-Aviv.
« Une majorité absolue soutient un accord sur les otages », a déclaré sur X le président israélien Isaac Herzog.

Sur un autre front, le Hezbollah libanais a dit dimanche avoir mené plusieurs attaques contre Israël, disant notamment avoir visé un centre de reconnaissance stratégique sur le mont Hermon dans le Golan syrien occupé par Israël.

Il s’agit de la « plus importante opération menée par ses forces aériennes » depuis le 8 octobre selon le mouvement, qui dit avoir détruit et déclenché un « important incendie » sur le site.

L’armée israélienne a dit dans un communiqué avoir « intercepté » plusieurs « cibles aériennes », dont « un drone explosif tombé dans une zone dégagée de la région du mont Hermon », sans faire de blessés ».

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, qui s’est rendu auprès des troupes sur le mont Hermon a déclaré que « même s’il y avait un cessez-le-feu » à Gaza, Israël continuerait  » de faire tout ce qui est nécessaire » contre le Hezbollah.
Des frappes israéliennes ont aussi visé plusieurs secteurs du sud du Liban, d’après l’agence de presse libanaise ANI, affirmant qu’Israël avait utilisé des bombes incendiaires et au phosphore.